L'Or

 L’OR, c’est une épopée des temps modernes. C’est le temps des prodigieux bouleversements planétaires.

L’homme s’empare des derniers territoires vierges.

   

 L’OR, c’est un destin face au monde.

Ascension prodigieuse et inexorable agonie face à la gigantesque folie provoquée par la découverte du premier or.

 

L’OR, c’est une écriture d’une surprenante beauté, concrète et lyrique.

 

Ce récit haletant sera rythmé et prolongé par les envolées du bandonéon magique de William Sabatier.

L’OR

La merveilleuse histoire

du Général Johann August Suter

 

 

Tout est dit ou presque dans le sous-titre.

Il s’agit d’une « histoire merveilleuse », loin du réel ou de la biographie. On est dans le domaine du mythe, de la légende.

 

Raconter une histoire. Pourquoi celle-ci ?

 

Il y a d’abord la langue de Cendrars. Apparemment sèche Pas un mot de trop. Juste l’essentiel. Et puis, au détour d’une page, il y a les invraisemblables énumérations, la folle précision des chiffres… Le récit avance à grandes enjambées. Rythme de la langue. Une langue faite pour être dite. A la frontière du récit et du poème, une langue proche de la langue de théâtre. Qui laisse les espaces ouverts à l’imaginaire de chacun.

Et puis, le destin d’un homme ;  L’OR, c’est l’histoire d’une vie dont l’apogée est immédiatement suivie de sa chute ; chute dont la brutalité est à la hauteur du rêve qui l’a précédée. Le général August Johann Suter, tel que proposé par Cendrars, évoque les héros shakespeariens.

Et puis, l’ambition d’un nouvel âge d’or. La construction d’un monde enfin idéal sur les terres vierges de la Californie…

 

Et nous, à  quoi pouvons-nous encore rêver aujourd’hui ? La globalisation économique et géographique, les déferlements technologiques, ont réduit notre monde à l’état d’une petite boule errant dans l’espace.

Quels espaces ignorés nous reste-t-il à découvrir ?

 

Une forme concertante

 

L’objectif est de mêler le plus étroitement possible musique et texte. Le bandonéon ne devra pas être au second plan ni se contenter de quelques transitions ou prolongements. Une sonorisation inventive permets également des périodes où texte et musique, voix et bandonéon s’unissent pour faire émerger l’essence poétique du récit de Cendrars et faire apparaître, sans l’incarner, le général August Johann Suter….

L’Or (extrait)

 

« Un jour, il a une illumination. Tous, tous les voyageurs qui ont défilé chez lui, les menteurs, les bavards, les vantards, les hâbleurs, et même les plus taciturnes, tous ont employé un mot immense qui donne toute sa grandeur à leurs récits. Ceux qui en disent trop comme ceux qui n'en disent pas assez, les fanfarons, les peureux, les chasseurs, les outlaws, les trafiquants, les colons, les trappeurs, tous, tous, tous, tous parlent de l'Ouest, ne parlent en somme que de l'Ouest.

L'Ouest.

Mot mystérieux.

Qu'est-ce que l'Ouest?

Voici la notion qu'il en a.

De la vallée du Mississippi jusqu'au-delà des montagnes géantes, bien loin, bien loin, bien avant dans l'ouest, s'étendent des territoires immenses, des terres fertiles à l'infini, des steppes arides à l'infini. La prairie. La patrie des innombrables tribus peaux rouges et des grands troupeaux de bisons qui vont et viennent comme le flux de la mer.

Mais après, mais derrière?

 

Il y a des récits d'Indiens qui parlent d'un pays enchanté, de villes d'or, de femmes qui n'ont qu'un sein. Même les trappeurs qui descendent du nord avec leur chargement de fourrures ont entendu parler sous leur haute latitude, de ces pays merveilleux de l'ouest, où, disent-ils, les fruits sont d'or et d'argent.

L'Ouest? Qu'est-ce que c'est? qu'est-ce qu'il y a?

Pourquoi y a-t-il tant d'hommes qui s'y rendent et qui n'en reviennent jamais? Ils sont tués par les Peaux Rouges; mais celui qui passe outre? Il meurt de soif;  mais celui qui traverse les déserts? Il est arrêté par les montagnes; mais celui qui franchit le col? Où est-il? qu'a-t-il vu? Pourquoi y en a-t-il tant parmi ceux qui passent chez moi qui piquent directement au nord et qui, à peine dans la solitude, obliquent brusquement à l'ouest?... »

 

Blaise Cendrars