Presse L'Or

 

L’or, les mots de Cendrars pour l’histoire véridique de Johann August Suter

 

C’est à Chaplin (Vaulx-en-Velin) par la compagnie LucaThéâtre.

Un roman écrit en 40 jours par Blaise Cendrars en 1924, la terrible histoire authentique d’un homme qui part vers l’ouest mythique, de Bâle au Havre puis à bord de l’Espérance, vers New-York où il débarque le mardi 7 juillet 1834 avec "tous les naufragés du vieux monde. Les malheureux, les mécontents, les insoumis et les hommes libres "... les idéologues et les brigands... écossais, irlandais, polonais, hongrois, italiens ... Suter a abandonné femme et enfants pour refaire sa vie, il continue Sa conquête de l’ouest, fait tous les métiers, s’enrichit, etc. etc.

De nombreuses années plus tard, il est l’homme le plus riche du monde, a conquis la Californie, l’a rendue prospère et voilà qu’un de ses ouvriers donne un malencontreux coup de pioche dans un filon aurifère ! Nous sommes en janvier 1848, c’est la ruée vers l’OR, la vraie, son malheur, sa ruine. Ruiné par l’or, quel paradoxe !

 

C’est l’histoire d’un homme qui s’est trompé de rêve, il voulait faire des cultures, de l’élevage, devenir prospère "à l’ancienne". Face à l’OR, rien à faire, il est un homme seul, contre tous. Le voilà spolié, déchu, il meurt le 17 juin 1880 sur les marches du Congrès américain, où il espère toujours la justice. La splendide prose de Cendrars, lue et interpréte par Laurent Verceletto se passe d’effets spéciaux : les images sont toutes dans la belle langue du poète- romancier. Le musicien et compositeur William Sabatier en sort d’autres de son bandonéon. Dans cette lecture musicale, il s’agit plus de donner à voir, à sentir, à toucher, à goûter que d’illustrer.

A Panama "le soleil est comme une pêche fondante" ailleurs : "Suter est dans son hamac, son chien fume ... et le bateau repart dans les vents sucrés".

C’est réussi : les cris, la sueur, les fumées, le désespoir, les rêves, l’énergie des conquêtes, la fureur des chantiers, les galops dans les plaines infinies, le silence des froides solitudes... La grande épopée des bâtisseurs de mondes en cinémascope.

 

La petite chronique de Mo – Radio Pluriel – 28 avril 2010