Presse Nuit du Sport

Trois soirées sportives à Vaulx-en-Velin

 

Dans le cadre de sa résidence au long cours au centre culturel Charlie-Chaplin de Vaulx-en-Velin, laurent Vercelletto alterne les propositions. L'année dernière, il présentait un Tartuffe, dont il entendait l'écho dans les comportements des religieux d'aujourd'hui, et parce qu'il voulait faire entendre la langue de Molière, dans une ville qui en a autant besoin que les autres. Cette année, il propose de s'intéresser au sport. Il crée donc, sur ce thème, 3 soirées. La première est intitulée Sur le Tour, il s'agit d'un texte de Jean-Bernard Pouy que Laurent Vercelletto prononcera lui-même, perché sur un vélo. La deuxième, Sur le Ring, comme son nom l'indique, parlera de boxe, avec des textes signés F.X. Toole, Jack Jondon, Craig Davidson, Xtatic. Quant à la Nuit du Sport, elle devrait rassembler diverses disciplines, avec des petites formes disséminées dans le centre culturel.

Quelques questions à Laurent Vercelletto.

Vous allez évoquer le Tour de France. Avez-vous aussi l'intention de parler du dopage ?

Oui, bien sûr, et pas seulement du dopage, car l'irruption d'enjeux économiques fait des ravages, dans le sport: Sur le Tour, de Jean-Bernard Pouy, est un monologue qui évoque une étape du Tour 1995 entre Pau et Bordeaux. Un coureur de second rang s'échappe, prend de l'avance, et commence à croire à la victoire. Mais cela va lui demander beaucoup d'efforts, et, pour oublier la difficulté, il gamberge. Je pense que la vraie douleur du cycliste, c'est la volonté qui disparaît dans la souffrance du corps. Et la fin de l'étape ne se passe pas comme il l'espérait, à cause, justement, de ces enjeux qui dépassent la valeur sportive de l'effort. On sait par exemple que Jacques Anquetil a été payé par les organisateurs du Grand Prix de Lugano pour qu'il ne gagne pas une 5éme édition d'affilée, parce que cela faisait fuir les spectateurs italiens.

À l'occasion de Sur le Ring, vous faites venir des boxeurs ...

C'est une collaboration qui va s'élargir aux autres disciplines représentées à Vaulx-en-Velin pour la Nuit du Sport, dans laquelle nous inviterons également d'autres personnalités, comme l'écrivain Paul Fournel. Pour Sur le ring, j'ai demandé aux boxeurs, des pointures; de venir jouer une sorte d'entraînement, en musique, sur un ring que nous allons monter derrière la scène. Je dirai Un steak, de Jack London, le récit d’un affrontement entre un jeune et fougueux boxeur et un vieux boxeur, moins rapide, mais qui se bat avec science jeune. En revanche, il n’y aura pas de combat en réél. La violence inhérente à ce sport restera dans la tête des spectateurs.

Le sport au théâtre, n’est-ce pas un tabou ?

Sport et culture, en effet… Pourtant, il n’y a pas ceux qui aiment le théâtre d’un côté, ceux qui aiment le sport de l’autre. Enfant, j’allais au stade Marcel Saupin admirer l’équipe du football Club de Nantes. Je ne m’ennnuie jamais en regardant du sport, alors que j’en vois les défauts, le chauvinisme et le hooliganisme en particulier. Le sport nécessite un dépassement de soi, c'est ce qui est passionnant, et je crois que c'est un point commun avec l'art. Si on n'avance pas en art; on reproduit,.. D'ailleurs, un de mes professeurs de théâtre m'a dit un jour.- "Mouille ta chemise." Pour lui, si tu n'étais pas trempé au bout d'un quart d'heure de jeu, c'est que tu n'avais pas tout donné, De même, j'ai toujours été frappé par la concentration des skieurs, en haut de la piste, qui répètent leurs mouvements en les mimant. Cela ressemble beaucoup au travail du comédien, avant d'entrer en scène.

 

Interview par Étienne Faye… 491 janvier 2013-02-24

 

LucaThéâtre : retour sur la Trilogie sportive

 

Une équipe hors norme pour une équipée qui ne l’était pas moins : en dix jours et sept représentations, la Trilogie du LucaThéâtre a emporté l’adhésion du public, venu nombreux de toute la ville et au-delà.

La trilogie imaginée par le LucaThéâtre avait attaqué fort avec “Sur le tour”, quatre soirées durant. Lors d’une étape du tour de France relatée et jouée avec brio par Laurent Vercelletto, acteur et directeur du LucaThéâtre, nous avons partagé l’échappée d’un cycliste, vibré à la vue de la foule, compati à ses souffrances. Comme si nous étions, nous spectateurs, dans la course. A l’arrivée, nulle victoire sportive en vue, sinon la performance de l’acteur qui tient son auditoire en haleine sans l’essouffler une heure et demie durant, seul en scène sur son vélo doré.

“Sur le ring”, le second round de cette trilogie théâtrale, réunissait acteurs et sportifs. Le magistral cérémonial qui précède d’ordinaire les compétitions d’aïkido a constitué l’entrée en matière… Puis ce fut le tour des boxeurs. Brahim Ben Mahrez, 70 ans et toujours en forme, et Bob M’bayo, ancien champion de France, étaient totalement impliqués dans la partie scénique de cette pièce. Ces deux figures de la boxe vaudaise étaient accompagnées par deux jeunes talents prometteurs du “Noble art” : Sohib El Fani, et Elhem Mekhaled, boxeuse qui a récemment gagné une victoire lors de la rencontre des comités du Dauphiné et du Lyonnais. “C’est une première pour nous, confiait Bob M’Bayo à Vaulx-en-Velin Journal. Elhem a repris une scène du film Million dollar baby, doublée par une comédienne”.

Tous les  boxeurs sont entrés dans le jeu théâtral avec fougue, et les combats mimés ont parfaitement fonctionné sur les deux scènes montées au Centre culturel communal Charlie Chaplin, dans une alternance entre théâtre, littérature et sport. Un récit de Jack London autour de la boxe, Un steak, a été lu par Laurent Vercelletto, et mis en musique en direct par William Sabatier au bandonéon et Mauricio Angarita à la contrebasse.

 

La Nuit du Sport a conclu en beauté la trilogie, le samedi 26 janvier. Une nuit pas ordinaire qui a engendré de multiples croisements entre disciplines sportives et artistiques, à l’instar des rencontres inédites entre public, artistes et sportifs. De 18 heures à minuit, tous les espaces du 5C, voire le moindre recoin était occupé par diverses démonstrations, lectures, performances, concerts… Le cérémonial des karatékas a été donné en ouverture, à plusieurs reprises, pour le plus grand plaisir des profanes, sportifs ou non. L’écrivain Paul Fournel, un fan de vélo, a fait salle comble pour une lecture de textes en duo avec Laurent Vercelletto. Dans la salle d’à côté, des parties d’échecs étaient en cours pour les amateurs avec des joueuses du club (installé à l’Espace associatif Benoît Frachon). Pendant ce temps, à côté de la grande scène, des spectateurs s’exerçaient au rappel –sur des airs de saxophone- avec le club d’escalade (CPEA de Vaulx-en-Velin). Derrière les gradins, sur une petite scène, les footballeuses du Pôle Espoir féminin (lycéennes à Doisneau), soutenues par deux comédiennes, venaient de raconter avec humour et énergie la vie d’un club féminin. Tandis qu’ailleurs, deux comédiens s’emparaient des mots de Cassius Clay, alias Mohamed Ali…. Les spectateurs avaient aussi le privilège de se faire prendre en photo en cycliste sur le vélo doré de Laurent Verceletto, installé au centre de l’exposition d’affiches des grandes compétitions nationales ou locales.

 

Après la pause, avec casse-croûte, musique et baby-foot, les spectateurs se sont réunis devant la grande scène pour un “vrai“ spectacle, à base de lectures et de chansons. Le quatuor de comédiens a alterné les genres et les postures en nous apportant la preuve sur un plateau, que non, les sports ne sont pas antagonistes avec le sens du beau, et de la représentation. La soirée s’est conclue tard dans la nuit par une animation musicale rythmée par l’ébouriffant DJ et créateur de lumières Claude Couffin… Poésie et éclectisme assurés, et assumés avec talent par tous : techniciens, sportifs et artistes…

     

Françoise Kayser - Vaulx Journal Janvier 2013

Elhem Mekhaled : Une boxeuse à la vie et à la scène

 

"Boxeuse mais femme avant tout, cette jeune vaudaise dynamique est aussi bien capable de monter sur le ring que sur scène. Elle multiplie ainsi les expériences en quête de nouvelles sensations.

 

Le noble art fait partie de sa vie. Et pourtant, c’est par le plus grand des hasards que cette jeune fille découvre la discipline. “C’est grâce à Bob M’Bayo et son ring mobile que j’ai pu découvrir la boxe, évoque-t-elle. J’emmenais alors mon jeune frère et je suis montée sur le ring. Bob m’a dit que j’avais les qualités requises. J’ai donc rejoint les rangs de la MJC”. Sportive, Elhem s’était essayée au handball puis au full-contact mais a finalement trouvé ses repères sur le ring. Seule femme parmi les puncheurs de la salle Batag, elle se fait discrète.

 

“Il n’y a pas de différences lors des entraînements, ils sont mixtes, poursuit-elle. On boxe tous ensemble. Mais je reste une femme, et j’essaye de maintenir ça”.

 

Avec ses gants roses, Elhem apporte ainsi sa touche de féminité dans un monde de brutes.

 

“Etre la seule n’est pas toujours évident, souligne-t-elle. Il faut parfois encaisser plus qu’un garçon et serrer davantage les dents. Une fois en dehors du ring, je suis différente. Plus apaisée et bien sûr plus féminine. La pratique de ce sport me permet de me défouler et d’être plus calme dans la vie. Je suis en BTS assurances. Mon emploi du temps est donc très chargé, mais boxer reste vital pour moi”.

 

Sur le ring, Elhem cumule les titres avec en 2007 un premier titre de championne de France des moins de 16 ans dans la catégorie des moins de 57 kilos, et de nombreux challenges remportés, dont le récent titre du championnat inter régional Dauphiné Savoie Lyonnais et un parcours jusqu’en 8e de finale au championnat de France dans la catégorie moins de 60 kilos. “J’ai encore peu de combats à mon actif, renchérit-elle. J’espère que je ferai mieux les années à venir”. Dans un autre registre, la jeune puncheuseest mo ntée sur scène lors de la dernière création du metteur en scène Laurent Vercelletto et de son Lucathéâtre en résidence à Vaulx. Elle a ainsi joué le rôle de Maggie Fitzgerald, boxeuse du film Million dollar baby de Clint eastwood, lors de la seconde partie de la fameuse trilogie sportive, Sur le ring. “Ça a été une super expérience, évoque-t-elle. Certes, en tant que boxeuse je suis habituée à voir du public. Mais lors des galas, il reste plus distant. Malgré le trac, ça faisait chaud au coeur de recevoir les applaudissements. Et c’était plaisant de partager ma passion sur scène. Je n’ai pas beaucoup joué, j’ai surtout fait des démonstrations avec Bob. Contrairement aux idées reçues, ça a été aussi physique qu’à l’entraînement”. Si ses premiers pas sur scène ont été grisants, la jeune boxeuse n’oublie pas ses études, son principal objectif. Et elle prend quand même le temps de souffler lors de ses trop courts weekends."

 

Rochdi Chaabn

LucaThéâtre : ring en scène

et nuit du sport

 

Après Sur le tour, la suite de la trilogie du LucaThéâtre va rassembler

comédiens,musiciens et sportifs

au centre culturel communal Charlie Chaplin

 

A PEINE descendu de son vélo, Laurent Verceletto enchaîne cette semaine avec Sur le ring, secondound de cette trilogie théâtrale et sportive.

 

Cette fois, l’acteur et directeur du LucaThéâtre est entouré de comédiens et de sportifs en chair et en muscles : Brahim Ben Mahrez et Bob MBayo en tête, du Boxing-Club, et des membres de l’Aïkido club MJC de Vaulx-en-Velin

sont de la partie, pour deux soirées en musique live.

 

Pour conclure en beauté la trilogie, la Nuit du sport. Une nuit pas ordinaire qui va permettre le croisement inédit de disciplines sportives et artistiques.

Enfilez vos survêtements et commencez par écouter l’écrivain Paul Fournel, un fan de vélo.

Puis faites une partie d’échecs avec un champion, avant de tenter un rappel sur un mur d’escalade…

Ecoutez ce qu’ont à dire les footballeuses du Pôle Espoir féminin (lycéennes à Doisneau et joueuses à l’OL et l’AS Saint-Etienne), admirez le cérémonial des karatékas vaudais.

Pendant la pause, avec casse-croûte et fanfare, les spectateurs peuvent jouer au baby-foot, visionner des films, flâner devant une exposition d’affiches, se faire prendre en photo en cycliste…

 

En deuxième partie, les comédiens lisent des textes, de Giono à Desproges en passant par le slameur Statik. Poésie et éclectisme assurés…

 

Françoise Kayser